Votre maire vous écrit: « l’économie et le paysage de Châteauneuf ont été façonné par l’exploitation de la pierre »

Posté par le 23 fév 2010 | Dans : Non classé

Votre maire vous écrit: Lettre n°13 de février 2010. Châteauneuf: une histoire d’eau et de pierreà l’attention de:
Charente Nature
Conservatoire Régional des Espaces Naturels

Bonjour,
J’ai le plaisir de vous faire parvenir la lettre de Février du maire de Châteauneuf-sur-Charente, qui rebondit sur la question de l’extraction de granulats après les remous causés par notre action et pour justifier l’ampleur de l’exploitation…

  • « Quelle est la politique d’environnement de notre ville? Redonner aux espaces leur capacité à procurer des plaisirs simples pour les yeux, les oreilles, le nez pour le bien-être et le bon-vivre » … pour tous peut-être sauf les habitants des lieu-dits reculés de Haute-Roche et le Cruzeau…et tous les habitants le long des voies empruntées tous les jours par les 224 camions … pour qui ça va être 25 ans de déplaisir sonore…
  • « l’économie et le paysage de Châteauneuf ont été façonné par l’exploitation de la pierre »… oui, mais autrefois en souterrain, n’impactant pas les paysages…
  •  » la municipalité a été particulièrement vigilante à cet endroit sur les engagements promis par la société exploitante »… oui, toutes les pièces administratives y sont…la question est de suivre l’évolution des travaux, ce qui n’a pas été le cas il y a tout juste quelques années…
  • « votre commune, consciente de la richesse inédite que constitue cet ensemble de sites naturels, met en place une politique volontariste de sauvegarde et d’aménagements. Au delà d’une nécessaire exigence écologique à laquelle tout le monde souscrira, y sont également en jeu le développement de notre attractivité touristique, résidentielle et économique et l’amélioration de notre cadre de vie quotidien »… quelle politique volontariste? Celle de tout accepter du carrier sans émettre une seule remarque ni demande de modification alors que cela a été souligné par le commissaire enquêteur, le CAUE, notre collectif? L’amélioration du  cadre de vie? Nous souhaiterions tout juste conserver l’actuel…

Des intentions très louables, qu’on croirait sortis de notre blog…mais qui laissent un gout amer après la surdité des élus tout au long de ces mois de mobilisation en faveur des paysages et de l’environnement…et qui tendait à seulement préserver quelques hectares au sud pour l’intégration paysagère et la circulation de la faune.

Sont cités entre autres:
- le CREN
-l’association Charente Nature
- les associations…
que la commune souhaite « mobiliser afin de mutualiser les moyens pour répondre aux attentes de la population à l’égard de la protection des paysages »…

Alors, à vous de jouer (puisqu’ils sont maintenant prêts à vous associer) pour que cela ne reste pas seulement de belles intentions sur papier glacé, avant que le projet du carrier ne soit validé et bien verrouillé sans concession aucune…

Le collectif de limitation de la carrière…
http://nonalacarriere.unblog.fr/

l’après enquête publique

Posté par le 21 jan 2010 | Dans : courriers reçus

Nous avons reçu ce mail ce matin du sous-préfet qui nous indique le déroulement en cours de la procédure:

Mesdames et Messieurs,

 Jai bien reçu votre mail du 18 décembre 2009 et j’ai bien compris vos préoccupations relatives à la préservation du patrimoine et de l’environnement.

 Je ne puis que vous faire des réponses administratives sur l’état d’avancement des deux procédures en cours sur le territoire que vous présentez.
 
Une procédure de révision du Plan d’Occupation des Sols (POS) a effectivement eu lieu sous l’autorité de la mairie de CHATEAUNEUF/CHARENTE et a fait l’objet d’une enquête publique du 1er septembre au 2 octobre 2009. Par deux délibérations  en date du 25 novembre 2009, le conseil municipal de Chateauneuf/Charente a approuvé la révision simplifiée n° 2 du POS  dans le secteur « chez Délaisse » pour une extension de la zone NCa ainsi que la modification n° 5 du POS pour supprimer un emplacement réservé.

Par ailleurs, une procédure de demande d’autorisation d’une installation classée pour la protection de l’environnement  (ICPE) se déroule actuellement. Une enquête publique a été ouverte du 16 décembre 2009 au 16 janvier 2010 à la mairie de Chateauneuf/Charente portant sur le projet de renouvellement et d’extension de la carrière de calcaire exploitée par la CDMR à CHATEAUNEUF/CHARENTE.

Cette enquête a pu être l’occasion, pour vous,  de prendre connaissance du dossier et de formuler vos observations sur le registre d’enquête ouvert à cet effet.

Après la clôture de l’enquête, le commissaire enquêteur convoquera dans la huitaine le demandeur et lui communiquera sur place les observations écrites ou orales consignées dans un procès-verbal en l’invitant à produire, dans un délai maximum de douze jours, un mémoire en réponse.

Le commissaire enquêteur rédigera, d’une part, un rapport dans lequel il relatera le déroulement de l’enquête et examinera les observations recueillies, d’autre part, ses conclusions motivées, qui devront figurer dans un document séparé et préciser si elles sont favorables ou non à la demande d’autorisation.

Il enverra le dossier de l’enquête accompagné du rapport et de ses conclusions à la Sous-Préfecture de COGNAC  dans les quinze jours à compter de la réponse du demandeur ou de l’expiration du délai imparti à ce dernier pour donner cette réponse.

Toute personne physique ou morale  pourra prendre connaissance, à la Sous-Préfecturela Préfecture de la Charente, à la mairie de la commune d’implantation, du mémoire en réponse du demandeur, du rapport et des conclusions motivées du commissaire enquêteur de Cognac, à .

Au vu du dossier de l’enquête et des avis des services consultés, qui lui sont adressés par le préfet, l’inspection des installations classées établira un rapport sur la demande d’autorisation et sur les résultats de l’enquête. Ce rapport sera présenté au  Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) saisi par le préfet.

L’inspection des installations classées soumettra également à ce conseil ses propositions concernant soit le refus de la demande, soit les prescriptions envisagées.

Le projet d’arrêté statuant sur la demande sera porté par le préfet à la connaissance du demandeur, auquel un délai de quinze jours est accordé pour présenter éventuellement ses observations par écrit au préfet, directement ou par mandataire.

Tels sont les éléments d’informations sur ce projet que je puis vous communiquer à ce jour.

Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs l’expression de ma considération distinguée.

 

Guy TARDIEU

myriam.robert@charente.pref.gouv.fr

dernières nouvelles / dernière semaine d’enquête publique

Posté par le 11 jan 2010 | Dans : Non classé

  • La question des carrières souterraines

Un élément intéressant relevé dans le dossier d’étude d’impact du carrier et qui contredit les arguments avancés par la commune pour justifier de la destruction des carrières souterraines (et du danger qu’elles représentent) :

document 1 page 12, extrait du rapport du géologue EGIDE: « L’ancienne exploitation de pierre de taille ayant été utilisée comme champignonnière, la structure a été entretenue et maintenue dans un excellent état apparent. Aucun effondrement n’a été observé. Aucune poche d’altération autre que celle observée le long du chemin d’accès n’a été observé dans la partie souterraine. »

  • Le point financier

Les mesures compensatoires ont été chiffrées à 576.610€. Or l’aménagement majeur est le terrassement de l’auditorium de plein air… 480.000€ à lui seul. Mais cette mesure n’est pas spécifiquement celle de l’extension de 20ha puisqu’elle a été mise en avant depuis de nombreuses années pour les exploitations passées. Pour ces nouveaux 20ha exploités,  la seule nouvelle mesure est la création de 2 belvédères à 3200€ pour regarder le trou et la plantation de 3 lignes d’arbustes autour du trou pour le masquer (78.000€, soit 8.46€/mètre linéaire la ligne d’arbustes sur paillage)

  • Le projet de paysage

projet de réaménagement final J+25ans

-> cacher les 20ha d’extraction et le dénivelé de 40m par 3 lignes d’arbustes!

-> faire 2 avancées avec garde-corps pour regarder le trou

->  donner une forme aux mares résultant du captage des nappes et des eaux superficielles

Nous sommes allés vendredi 8 janvier rencontrer le commissaire enquêteur à la mairie de Châteauneuf sur Charente. Nous voulons tout d’abord remercier l’ensemble des personnes qui ont écrit dans le registre, envoyé une lettre ou rejoint le collectif.

Nous avons consulté le dossier d’étude d’impact du carrier dans lequel est regroupé l’ensemble des études relatives à la demande d’extraction. Nous avons pu constater que ces études sont très bien faites et très complètes au vu justement du caractère très sensible de cette extension. (A noter tout de même qu’il ne semble pas que l’impact et l’intégration aient été bien observés à partir de la RD 699 en venant de Bonneuil au lieu dit « le grand virage », il en va de même pour les vues situées dans le même axe. On peut rajouter à cela que la perception de la carrière sera semble t-il évidente, même avec un petit filtre boisé, de jour comme de nuit au vu de la puissance des spots). Nous n’allons pas contre ces études, bien au contraire, puisqu’elles mettent en évidence de fortes potentialités naturelles. Nous n’allons pas non plus contre l’extension a proprement parlé de la carrière, sachant les nécessités actuelles et futures. Nous défendons un parti, qui plus tard, pourrait être présenté comme un exemple.

Durant cet entretien avec M. le commissaire enquêteur, nous avons rencontré madame Emilie Richaud, fille de Béatrice Garandeau, responsable du développement chez Garandeau et épouse du directeur technique du groupe.  Madame Richaud nous a clairement dit être opposée à notre proposition, partant de l’idée qu’il n’y a aucun intérêt à créer un corridor biologique (et donc de conserver l’ensemble des bosquets de chênes, des carrières…) puisqu’il n’existe pas… A cela nous pouvons répondre a quoi cela sert de créer une route puisqu’elle n’existe pas…ou encore a quoi cela sert de créer un trou de la hauteur d’un gratte ciel de 40m puisqu’il n’existe pas… quel intérêt de faire une mare à batraciens puisqu’il n’y avait pas de zone humide sur ce secteur calcaire sec…

Certes il est toujours plus facile de détruire que de construire. Le passé nous a appris que l’on peut rarement  recréer ce qui a disparu. L’environnement naturel est tout aussi important, et d’intérêt général, que la nécessité d’extraire des granulats. Ce que Mme Emilie Richaud devrait prendre en compte en sa qualité d’élue municipale de la ville de Cognac, chargée de réfléchir au sein de la commission Aménagement durable, Urbanisme, Environnement et Cadre de vie…

Pour être plus constructif dans le propos, la proposition du collectif est un équilibre et enfin une vraie mesure compensatoire. Elle pourrait aussi être le moteur justement d’une
réflexion, un exemple à suivre pour montrer que les carrières ne sont pas juste là pour détruire un paysage, un milieu (qui sera remplacé par un autre, plus aquatique) mais qu’elles peuvent s’associer et soutenir  des projets constructifs de cette nature.
L’entreprise Garandeau aurait donc la possibilité d’être innovante dans ce domaine en s’associant à une démarche environnementale de création d’un bois et d’un corridor écologique, moteur développement de biodiversité en accord avec le territoire, de réussir à conserver une partie sans l’extraire, permettant une meilleure intégration et un respect plus en adéquation avec le paysage et ses habitants.

 

Posté par le 02 jan 2010 | Dans : Non classé

Bonne année à tous!

résolution n°1 de la nouvelle année: renvoyer la pétition, aller en mairie écrire votre avis sur le registre d’enquête publique avant le 16 janvier!!!

La font-qui-pisse en 1910

pétition

Posté par le 19 déc 2009 | Dans : contact mairies

Pour ceux qui ne pourraient pas envoyer des doléances par courrier ou se déplacer en mairie de Châteauneuf pour y inscrire leurs remarques sur le registre: vous pouvez signer la pétition en ligne http://www.chateauneuf.org/chateauneuf/carrieres/questionnaire.html

Vous pouvez aussi recopier ce texte et l’envoyer au commissaire enquêteur (1 texte indépendant a autant de poids qu’une pétition de 100 signatures!):
M. le Commissaire enquêteur
Mairie
place de la Liberté 16120 Châteauneuf sur Charente

Celle-ci est téléchargeable au format word et vous pouvez la faire signer autour de vous.

pétition dans contact mairies doc grillepetition.doc

Vous pouvez nous l’envoyer par courrier:

Collectif pour la Limitation de la Carrière de Châteauneuf sur Charente
Le Cruzeau 16120 Châteauneuf sur Charenteou la scanner et nous l’envoyer par mail  à: collectif.nonalacarriere@laposte.net

trac distribué

Posté par le 14 déc 2009 | Dans : Non classé

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Requête dans le cadre de l’enquête publique sur l’exploitation et l’extension de la carrière CDMR sur la commune de Châteauneuf-sur-Charente (lettre aux maires)

Posté par le 14 déc 2009 | Dans : dossiers envoyés

Madame, Messieurs,

Vous avez reçu la semaine dernière un courrier de la commune de Châteauneuf sur Charente vous invitant à donner notre avis sur le doublement de la surface d’exploitation de la carrière le long de la RD699.

Sans présager de votre réponse, nous vous invitons cependant à consulter notre document qui a été adressé à M. le Préfet de la Charente, et de prendre le temps nécessaire avant de donner votre avis. Celui-ci est le seul document indépendant constitué à ce sujet, le dossier soumis à enquête publique étant entièrement rédigé par le carrier lui-même sans contre-expertises.

Par ailleurs, de nombreuses associations partenaires ont été contactées et nous soutiennent dans cette démarche. Charente-Nature nous secondera pour la partie plus finement écologique et juridique.

Il en va de l’avenir du cadre de vie de nos communes pour les 25 prochaines années.

Seul un avis défavorable peut amener le carrier à revoir l’emprise de son projet actuel et lui donner une forme plus raisonnable en respectant les sensibilités paysagères et écologiques de la zone Natura 2000 contiguë.

Nous vous demandons de bien vouloir annexer ce document au registre d’enquête publique en première page afin que les différents administrés que nous sommes en train de sensibiliser à la question puissent émettre à leur tour leur avis, et que vous puissiez alors au vu de leurs remarques vous positionner en toute connaissance de cause.

 

Vous en remerciant,

 

Pour le collectif,

Requête dans le cadre de l’enquête publique sur l’exploitation et l’extension de la carrière CDMR sur la commune de Châteauneuf-sur-Charente (lettre à Madame la Présidente du Conseil Régional du Poitou-Charentes)

Posté par le 14 déc 2009 | Dans : dossiers envoyés

Madame la Présidente du Conseil Régional du Poitou-Charentes

Nous vous faisons parvenir aujourd’hui une copie de:

- notre lettre à M. le Préfet de la Charente concernant un recours concernant la révision simplifiée n°2 du POS de Châteauneuf-sur-Charente en vue d’étendre la carrière CDMR et plus largement annexé aux registres de l’enquête publique en cours pour l’extension de la carrière de Châteauneuf-sur-Charente.

-  le dossier que nous avions constitué avec étude paysagère et environnementale à l’appui et annexé au registre de l’enquête publique concernant la révision simplifiée n°2 du POS de Châteauneuf-sur-Charente en vue d’étendre la carrière CDMR.

Nous espérons pouvoir vous sensibiliser au caractère remarquable de la zone et à l’impact dommageable d’un tel projet, afin d’obtenir votre soutien dans notre démarche citoyenne.

Pour résumer brièvement le contexte et les répercussions du projet:

 - le projet de 20ha d’extraction sur 25 ans en continuité d’une carrière existante

 - la démolition programmée d’une ferme du XVIIIe s, léguée à l’Hôpital (conseil d’administration représentés par certains membres du conseil municipal)

 - la disparition de 5ha de carrières souterraines à l’origine de la construction de la ville et ses monuments (le secteur de St Même-les-carrières étant un haut lieu de l’exploitation de la pierre calcaire charentaise pour un emploi dans des monuments éparpillés dans le monde entier)

 - la disparition de carrières souterraines constituant un habitat animal prioritaire à l’échelle européenne (chauve-souris rares et protégées)

 - la disparition de stations comportant des espèces végétales et animales protégées

 - un site contigu à la zone Natura 2000 des Chaumes Boissières et définissant une enclave dans son périmètre

 - un site ayant vocation actuellement de corridor écologique entre les 2 masses boisées de cette zone Natura 2000

 - une zone sensible au niveau archéologique

 - des tirs de mine pendant 25 ans à moins de 400m de zones habitées par 50 personnes dont des enfants en bas âge

- 224 trajets journaliers sur des routes faiblement  dimensionnées et comportant de l’habitat aligné sur les voies

 Pour résumer brièvement les temps forts:

- 1973: ouverture de la carrière

 - 2005: l’inspecteur des carrières dénonce le manque de fiabilité du carrier qui exploite le gisement de façon trop rapide, sans respecter ses engagements en terme de volume exploité, de profil (des falaises de 30m au lieu des banquettes graduelles prévues) et de réaménagement.

 - Juillet 2009: la commune organise une réunion publique. Les habitants du Cruzeau, principal hameau concerné par l’extension ne reçoit aucune publicité, ne sont pas au courant de la démarche

 - Septembre 2009: la commune procède à l’ouverture de l’enquête publique. Aucune publicité dans les hameaux du périmètre, juste un affichage en mairie

- le collectif rencontre le maire pour lui soumettre ses remarques, ainsi que le commissaire enquêteur, qui appuie nos remarques.

 - octobre 2009: le commissaire enquêteur remet son rapport: un avis favorable avec des réserves quant à l’emprise de l’exploitation. Il demande à ce que la carrière soit diminuée d’une zone de 7 ha à vocation agricole et un recul plus important de la voie que le projet du carrier.

 - 18 novembre 2009, réunion avec les personnes publiques associées. Le CAUE « approuve totalement » les réserves du commissaire enquêteur et propose en sus de protéger 1 des boisements.

 - 25 novembre 2009: le conseil municipal de Châteauneuf vote la modification de POS, sans intégrer les réserves du commissaire enquêteur, pour ne pas retarder le carrier

 - 25 novembre 2009: l’arrêté préfectoral prescrit l’ouverture d’une enquête publique sur la demande formulée par la SARL CDMR qui sollicite l’autorisation d’étendre et de renouveler l’exploitation d’une carrière de calcaire à ciel ouvert ainsi que ses installations de traitement (broyage, concassage, criblage, nettoyage de produits minéraux naturels) au lieu dit « Les champs de Fontaury » sur la commune de Châteauneuf sur Charente.

 - 16 décembre 2009: réunion du conseil municipal de Châteauneuf. Objet du jour: l’avis du conseil sur l’extension de la carrière (avant l’enquête publique!!!)

- enquête publique du 16 décembre au 16 janvier

dossier annexé à l’enquête publique de décembre 2009

Posté par le 14 déc 2009 | Dans : dossiers envoyés

À Châteauneuf,

          Le  1er décembre 2009

Monsieur le Préfet,

Nous nous permettons de vous solliciter aujourd’hui concernant la révision simplifiée n°2 du POS de Châteauneuf-sur-Charente en vue d’étendre la carrière CDMR. Suite à une publicité très discrète, nous avons eu la surprise, à l’occasion d’une lecture fortuite des panneaux d’affichage disposés devant l’hôtel de ville de découvrir que le POS actuel était remis en question pour l’agrandissement de la carrière Garandeau. L’effet médiatique autour du PLU est tel que nous n’avions pas entendu parler de cette opération parallèle qui nous semblait avoir été opérée en silence sans réelle concertation avec les habitants et riverains proches.

Nous avons dans l’urgence pris connaissance du dossier et avons fourni lors de l’enquête publique un dossier complet avec un argumentaire appuyé concernant:

· le patrimoine architectural de la ferme Chez Delaisse (XVIIIe s) et des carrières souterraines (XVIIIe s). Et il ne s’agit en aucun cas d’un sentiment de nostalgie de notre part comme le sous-entend M. le Commissaire enquêteur, étant pour ma part nouvelle dans la région et âgée de 31 ans…

· Le patrimoine paysager de la vallée sèche de Haute-Roche et de la première terrasse alluviale de la Charente. Etant nous-mêmes paysagistes de métier, nous avons fourni une étude et des cartes dans le dossier d’enquête publique. Ces éléments n’ont pas été repris dans le dossier d’approbation, alors que les éléments du dossier fourni par le groupe Garandeau ont été repris, eux, sous le sceau de l’équipe d’urbanistes et paysagistes chargés de la rédaction du document!

· Le patrimoine naturel avec la présence dans le rayon de 500m du monument naturel de La Font qui Pisse

· Le patrimoine écologique de la zone avec présence d’animaux d’intérêt communautaires notamment dans les carrières. La zone est limitrophe de la zone Natura 2000, et on comprend bien à sa forme angulaire que son exclusion est bien le fruit d’un consensus local avec les carriers et non pas le résultat des études écologiques. Les cartes du DOCOB que nous avons joint à notre dossier montrent bien d’ailleurs que les écologues n’ont pu passer sous silence des points majeurs situés hors zone Natura 2000 et sur le site concerné par la révision. Si le site est moins riche que certaines parcelles situées dans Natura 2000, il joue un rôle majeur dans le déplacement des espèces présentes dans les 2 massifs boisés que sépare la RD 699.

Ce dossier était accompagné d’une pétition signée de personnalités, comme l’indique le dossier d’approbation.

Je voudrais toutefois souligner le profil de certains signataires:

· des paysagistes, dont certains paysagistes conseils de la DDE et de l’état

· Des écologues, dont ceux qui ont rédigé le DOCOB du site Natura 2000 des Chaumes Boissières

· Les membres de l’association Maisons Paysannes de Charente (9)

· Des architectes locaux

· Des journalistes parisiens

· Des médecins

· Des habitants

Ces signataires ont décidé de se regrouper en collectif s’opposant à l’extension de la carrière.

Leur identité est détaillée en annexe de la présente lettre. A la date de novembre 2009, à l’issue de la première enquête publique concernant la révision du POS, nous étions déjà une centaine.

Alors que nous venons tout juste de consulter les pièces d’approbation en mairie, nous venons de voir sur le site http://www.observatoire-environnement.org que l’enquête publique pour l’extension et le renouvellement de la carrière située à Châteauneuf va ouvrir dans 15 jours.

Nous espérions à l’issue de l’enquête publique, de la diffusion de notre rapport et de notre RDV avec M. Castaing, maire de Châteauneuf, que le conseil municipal se rangerait du côté des habitants, du commissaire enquêteur et du CAUE afin de trouver un compromis acceptable à l’extension raisonnée de la carrière. Nous avons lu avec stupeur qu’il n’en était rien et que l’emprise de mutation des parcelles n’avait pas changé à la suite de tous les avis et compléments appportés lors de l’enquête publique.

Et pourtant, si la collectivité ne peut poser de garde-fous à l’exploitant par un POS, comment être vraiment certains que le carrier respecte des engagements au stade de la demande d’exploitation?

Le rapport de 2005 de l’inspecteur des carrières montre bien que les engagements de l’exploitant ne sont pas fiables et rien n’indique qu’il pourrait tenir ses engagements à venir. C’est pourquoi il nous semblait indispensable que le POS soit le garant de l’intérêt public et préserve les sites de toute exploitation possible.

Et que la demande d’exploitation du carrier se fasse dans un nouveau cadre, avec un contour réaliste au regard de son insertion dans le paysage en minimisant son impact sur l’environnement.

La lecture de ces derniers rapports pose de multiples questions:

· comment se fait-il que la collectivité passe outre les réserves émises par le commissaire enquêteur et le CAUE?

· Comment se fait-il que seules des études produites par le carrier figurent dans un dossier communal? (sources page 4: plaquette du groupe Garandeau, sources page 11: document transmis par le groupe Garandeau, sources étude page 15: Christophe Chambolle, écologue mandaté par le groupe Garandeau, source page 20: Ouest Aménagement/Didier Montfort mandaté par le groupe Garandeau, source page 33: Jean-Louis Vacher paysagiste mandaté par le groupe Garandeau…)

· Comment se fait-il que notre rapport dûment amendé de photos et de cartes d’analyse et de propositions, réalisé par des professionnels du paysage intervenant par ailleurs pour des études d’impact de carrières et de gravière, transmis en octobre 2009 n’aie pas été annexé au dossier d’approbation?

· Comment se fait-il qu’à la suite du rapport de l’inspecteur des carrières de 2005 (le lien internet vers ce document est d’ailleurs supprimé depuis que nous avons fait part publiquement de l’existence de ce rapport), le PV adressé à votre prédécesseur et l’arrêté de mise en demeure qu’il avait proposé n’ait pas produit plus d’effets et de réserves actuellement?

· Comment se fait-il que la DIREN émette un avis favorable sur la base d’études écologiques discutables (recensements réalisés à la mauvaise période et en présence de nuisances sonores) et non étayées par des études indépendantes?

Relevé des atouts paysagers et environnementaux du site et des incohérences relevées dans le dossier d’approbation voté le 25 novembre dernier par les élus de la commune:

· rappel en page 2 de l’article 123.13 du code de l’urbanisme

La procédure de modification est utilisée à condition que la modification envisagée:

B) ne réduise pas un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière, ou une protection édictée en raison des risques de nuisance, de la qualité des sites, des paysages ou des milieux naturels.

Il semble que nous ayons fait la preuve par notre dossier que la zone comporte justement des paysages de très grande qualité, comporte des espèces et des habitats protégées aux échelons régional, national et européen, puisque les demandes de dérogation devront être faites. 2 bosquets présents sur le site revêtent une importance majeure pour le déplacement des espèces animales entre les 2 zones boisées de la zone Natura 2000.

C) ne comporte pas de graves risques de nuisances

Il semble que le passage de 224 camions par jour sur les routes de la commune et celles avoisinantes, l’emploi d’explosifs à 400m de hameaux où habitent des enfants en bas âge et une cinquantaine de personnes (hameaux du Cruzeau, de Haute Roche et des Alouettes) peuvent être considérés comme des nuisances graves. D’autant plus que le carrier avance une durée d’exploitation de 25 ans. ..

 Lorsque la révision a pour seul objet la réalisation d’une opération, à caractère public ou privé, présentant un intérêt général pour la commune ou toute autre collectivité[…]

Quel est l’intérêt pour la commune? La commune a l’intérêt de conserver des emplois, mais ils perdurent sur le site par le biais de l’installation d’infrastructures industrielles et commerciales indépendantes de l’extraction! L’intérêt général est aussi d’assurer la tranquillité de ses habitants, dont la commune a favorisé l’installation de nouveaux riverains très proches du site en autorisant la mutation de bâtiments agricoles. Il est certain que les chantiers locaux nécessitent des granulats, c’est pourquoi nous ne nous opposons pas au principe de l’exploitation mais à l’emprise de celle-ci. La mise en place d’un projet consensuel ne remet pas en cause l’intérêt général!

· Extrait de l’étude de Ouest Aménagement/ juin 2009, page 20 à 23

« Le milieu souterrain visité présente d’incontestables potentialités d’accueil des chauve-souris […]. Malgré ces conditions apparemment favorables, seulement 3 individus d’une seule espèce ont été observés. […] A noter cependant que lors de notre visite de mai, une équipe de géomètres procédait à des relevés souterrains générant des perturbations visuelles et sonores (groupe électrogène et automobile) »

Cette étude montre bien de véritables lacunes d’observation et souligne bien l’intérêt majeur de cet habitat, qui, dépourvu d’exploitation (qui perdure depuis 30 ans), serait intégré à la zone Natura 2000 et donc protégé.

La carte présentée en page 23 est intéressante à plusieurs titres, car elle montre la répartition des carrières souterraines, scindées en 2 groupes. Les carrières au nord, à la trame plus régulière, indiquent des carrières souterraines plus récentes, probablement du XIXe siècle et les carrières au sud plus irrégulières pourraient être plus anciennes, du XVIIIe siècle (datation de la ferme chez Delaisse, limitrophe).

Ce qui est intéressant, c’est la rupture entre ces zones d’extractions souterraines. Adopter une limite d’exploitation sur cette rupture (trait rouge que nous avons tracé sur la carte) , outre le fait que cela permettrait en surface de conserver un corridor écologique, permettrait de conserver un habitat naturel entier et cohérent avec seulement l’obstruction des deux galeries de liaison. La zone de carrières souterraines nord présentant un rendement moins intéressant pourrait être conservé en zone tampon.image1.gif

On voit donc qu’il est tout à fait possible en limitant l’emprise de la carrière de concilier extraction nécessaire, protection de l’environnement et conservation du patrimoine architectural (car les carrières souterraines sont un patrimoine architectural bien que considéré en négatif par creusement) et culturel d’une population encore attachée à son histoire.

Impact sur la flore page 37:

Espèces recensées et menacées de destruction:

L’Astragale de Montpellier, protégée au niveau régional

Cet impact est indéniable et inévitable, si l’extension de la carrière doit se faire, vu la localisation de cette station. Sa destruction nécessitera néanmoins une procédure dérogatoire spécifique.

Suppression d’une station d’Alyte accoucheur chez Delaisse; cette espèce figure en annexe IV de la Directive Habitat (protection européenne) et protégée au niveau national.

Suppression d’habitats de chauve-souris, protégées au niveau national et figurant  en annexes II et IV de la Directive Habitat (protection européenne)

Suppression de stations de 2 espèces de reptiles protégée au niveau national  et figurant  en annexes II et IV de la Directive Habitat (protection européenne).

Ces impacts sur des espèces protégées et leurs habitats impliqueront, pour reptiles, amphibiens et chiroptères, une procédure dérogatoire spécifique, conformément à l’article L-411.2 du Code de l’Environnement.

À quoi servent donc ces codes et ces mesures si on peut y déroger si facilement?

Comment la DIREN peut-elle émettre un avis favorable au vu de ces conclusions?

Vu la richesse du site, comment se fait-il que cette zone n’ait pas été intégrée à Natura 2000? Pression du carrier au moment de la cartographie de la Zone?

La carte annexée au DOCOB englobe pourtant cette zone tampon comme espace influent sur la zone elle même… car les animaux ne s’arrêtent pas sur des limites administratives…

image2.gif

· Analyse du paysage par Jean-Louis Vacher, paysagiste mandaté par le groupe Garandeau (page 24 à 27)

« La petite vallée sèche de Haute-Roche où la mer était présente autrefois est gravée dans la roche et recèle une richesse floristique et faunistique visitée par tous et notamment par les usagers du chemin de randonnée »

· Il y a une incohérence entre les conclusions du commissaire enquêteur , l’emprise spatiale de ses réserves (cartographie jointe) et les dispositions à mettre en œuvre consenties par la collectivité suite à l’enquête publique:

Le commissaire enquêteur: une zone de recul agricole de 5ha (50.000m2)

Le CAUE: la conservation des bosquets et 1 à protéger

Le conseil municipal: une zone de 3500m2 plantée en limite ouest (dont on voit bien sur la carte un impact ridicule, et aucune fonction de corridor écologique)

Le commissaire enquêteur: un recul nord plus important du front de taille vers le centre de la carrière par le maintien de la continuité de la falaise le long du vallon de la « Font qui pisse », soit un recul actuel observé de 140m!

Le conseil municipal: un recul de 20m du vallon!

 

Annexes

Définition de corridor écologique:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_biologique

Les éléments du paysage constituant un corridor ;
Ce sont des espaces ne présentant pas d’obstacles au déplacement des espèces considérées (obstacles matériels ou immatériels). Ils doivent donc être également exempts de dérangement/perturbation et pollutions nuisibles à ces espèces. 

Tout corridor devrait être dessiné et géré de manière à ce qu’il conduise les espèces qui l’utilisent d’un habitat de qualité à un autre, sans les faire passer par des zones à haut risque de mortalité. 

Les corridors nouvellement créés devraient l’être en faisant en sorte de limiter les effets de bordures, le dérangement induit par les activités humaines périphériques, et de manière à favoriser et entretenir la complexité du milieu et de la structure de la végétation du corridor. Le corridor devrait « mimer » les caractéristiques de la végétation originale (structure et composition).

Un corridor large vaut toujours mieux qu’un corridor étroit. (De manière générale les espèces de grande taille ont besoin de corridors plus larges )

il faut construire un réseau de corridors sans attendre d’avoir des réponses scientifiques certaines et complètes à toutes les questions pour construire un réseau protégé de corridors, et nous devons accepter le fait que nous avons besoin de plus de connaissances sur les question environnementales.

Cette fragmentation écologique semble être devenue l’une des premières causes de régression de la biodiversité. 

Dans tous les cas, la création d’un corridor devrait engendrer une valeur ajoutée en faveur de l’environnement et ne pas s’effectuer aux dépens d’écosystèmes relictuels.

L’importance des zones tampons

Les zones tampons sont les zones situées juste à proximité des corridors sans être elles-mêmes des corridors biologiques. Elles permettent d’éviter les contacts directs entre les lieux de vie et de passage des espèces et ceux des humains. Ces zones sont essentielles au bon fonctionnement du corridor.

Ce qui appuie notre projet d’une zone boisée de corridor écologique doublé d’une zone de recul de l’exploitation.

Il nous semble que ces points doivent être traduits dans le document d’urbanisme et non laissés à appréciation du seul exploitant. Faire muter en espace NCa l’ensemble des parcelle et restreindre l’emprise de l’exploitation a postériori est une posture fragile qui reposera la question de la mise en péril de ce lien fragile dans quelques années. Le document d’urbanisme est le seul garde-fou valable

Bénéfices des corridors

Le maillage écologique offre de nombreux atouts pour l’avenir. Il atténue ou, dans le meilleur des cas, supprime les effets du morcellement des paysages et des milieux. Les premiers résultats d’essais menés dans divers pays témoignent de l’intérêt des actions de restauration . Il est observé une remontée et une stabilisation durable des populations animales, notamment de gibier, et une amélioration de leur état sanitaire . Pour les grands mammifères, la recréation d’une trame biologique peut jouer un rôle de « source » en repeuplements spontanés. Les bénéfices se mesurent essentiellement au regard de l’enrichissement biologique du milieu, mais le maillage produit également des bénéfices directs ou indirects, financiers ou immatériels.

A cela le carrier répond aujourd’hui par des mesures compensatoires cache-misère ridicules, pour exemple les récents « aménagements » en bordure de la RD699 pour tenter de camoufler le trou béant et l’installation industrielle (plantations horticoles sans intérêt pour la faune, sur paillage plastique de 4m de large!) voir photos jointes:

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Mises en gardes locales

http://membres.lycos.fr/idufront/nature/chaumes.html

Les Chaumes Boissières

ATTENTION FRAGILE !

Sur ce site protégé il est interdit de :
-
détruire, couper, mutiler, arracher, cueillir les espèces,
- abandonner, déposer, jeter, déverser ou rejeter quoique ce soit, y compris des gravats, des remblais, ou de la terre végétale ainsi que tout produit susceptible d’altérer le biotope,
-
de parcourir la zone avec des engins motorisés (les motos notamment, même tout terrain, sont formellement interdites sur le site),
-
d’altérer les rochers
- de
retourner le sol, de creuser, d’extraire des matériaux

- en vue de préserver les Chiroptères (chauves-souris) du biotope souterrain, il est aussi interdit d’entrer dans les cavités (sauf pour les propriétaires et les spéléologues ou archéologues dans le cadre de missions scientifiques ou naturalistes autorisées),
- d’obstruer les cavités
- d’utiliser des Moyens d’éclairage type acétylène

- de faire du feu ou d’utiliser des explosifs

Mais c’est pourtant ce qu’on s’apprête à laisser faire à 20m de la limite de cette zone!

Nous vous sollicitons aujourd’hui pour remettre en question dès à présent le vote de la mutation des parcelles agricoles en zone NCa et pour inciter les élus à revoir sur le plan règlementaire une limite définitive et consensuelle à l’exploitation de la pierre.

Le temps de l’enquête publique au sujet de l’exploitation doit traiter des conditions d’exploitation et de remise en état du site, sur la base d’une emprise raisonnée.

Pour le collectif pour la limitation de la carrière de Châteauneuf sur-Charente,

René Fuzeau

Anaïs de Cockborne

(voir article précédent sur les propositions, cartographie, photomontage, analyse paysagère)

http://nonalacarriere.unblog.fr/2009/12/11/dossier-annexe-a-lenquete-publique-de-novembre-2009/

 

 

 

dossier annexé à l’enquête publique de novembre 2009

Posté par le 11 déc 2009 | Dans : dossiers envoyés

courrier adressé au commissaire enquêteur le 22 septembre 2009

Monsieur,

Nous avons eu la surprise, à l’occasion d’une lecture fortuite des panneaux d’affichage disposés devant l’hôtel de ville de découvrir que le POS actuel était remis en question pour l’agrandissement de la carrière Garandeau. L’effet médiatique autour du PLU est tel que nous n’avions pas entendu parler de cette opération parallèle qui nous semble avoir été opérée en silence sans réelle concertation avec les habitants et riverains proches. Nous n’avons rien reçu dans les boites aux lettres, ni nos voisins installés de longue date, ni nous qui n’habitons pas encore sur place mais avons une boite aux lettres en évidence et aux normes postales.

On se demande d’ailleurs pourquoi un tel agrandissement est possible alors que l’autorisation d’exploitation de 2000 ne prévoyait pas de renouvellement / d’agrandissement d’ici 2016!

Extrait du rapport de l’inspection des installations classées de février 2005

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Par ailleurs nous ne comprenons pas comment la commune peut s’engager sur des fronts contradictoires: laisser s’installer des familles dans un hameau jusqu’alors peu peuplé et autoriser par ailleurs une activité industrielle qui va provoquer des nuisances. Il aurait fallu nous mettre en garde, ou sacrifier le hameau temporairement le temps de l’exploitation en empêchant des bâtiments agricoles de muter, ce qui nous aurait empêché d’acheter des biens allant se déprécier par les nuisances sonores et de poussières créées et le risque que les tirs de mine font courir.

En effet, nous avons acheté il y a 3 ans un bâtiment agricole pour lequel la commune a délivré un CU puis un permis en 2008 au lieu-dit le Cruzeau. En tant qu’architecte-paysagistes, nous sommes prudents quant au devenir des sites et des paysages, et nous étions allés consulter cadastres et  POS en mairie lors de l’acquisition de ce bien pour nous assurer de l’absence d’extension de la carrière qui nous semblait être une nuisance alors juste passable à ce stade et au vu de l’éloignement du hameau du Cruzeau.

Le passage de cette nuisance de 630m de la limite actuelle de l’exploitation à 395m de la zone directement exploitée change désormais la donne pour notre village.

Les données avancées dans la demande d’autorisation de l’exploitant (document n°3 de geoscop p109) ne couvrent pas la réalité actuelle de notre petit village. Il indique 5 maisons. Il faut compter 7 familles et  19 personnes, dont 7 enfants en bas âge, déjà installer ou en passe de l’installer dans l’année à venir (3 permis de construire délivrés en 2008 par la mairie et plus de 1000m2 de SHON cumulées en cours de création). Les nuisances actuelles sont réelles. Déjà en 2005, le rapport  de l’inspection des carrières faisait état de plaintes de riverains qui étaient situés à 1km! Difficile d’imaginer que nous n’en aurons pas à moins de 400m des haveuses et des tirs à l’explosif. Les tirs de mine actuels sont déjà assez insupportables.

 

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Mme André, située en contre-bas du hameau assure avoir été réveillée l’an dernier par un tir de mine à 4h du matin! L’enduit ciment de la maison de Mme Bozonnet situé à l’entrée du hameau est fissuré à la suite d’un tir de mine qu’elle a pu identifier et se faire confirmer auprès de l’exploitant. Tous les riverains se plaignent sans toutefois aller porter plainte, ce qui est malheureusement interprété par une absence de nuisance par la collectivité…

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Lors des précédentes enquêtes, certaines communes sages avaient souligné les nuisances. Si elles s’approchaient en 2005 des habitations, que dire aujourd’hui !

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L’avancée de la carrière est accompagnée de la descente du niveau du front de taille, ce qui signifie pour nous, au sud de la carrière, plus de bruits, plus de poussières. Un paramètre en outre n’est pas pris en compte dans les mesures théoriques de bruit: l’encaissement de notre hameau qui amplifie des sons!

C’est ainsi que les bruits sont différemment perçus au centre du hameau, et en bas de celui-ci.

Les mesures prises pour l’étude d’impact l’ont été à l’entrée du hameau. La mesure de l’existant tient compte des bruits de la route (beaucoup de camions issus de la carrière d’ailleurs passant à toute trombe!) et du fait que de ce point les bruits de la carrière sont atténués par un petit bois.

La réalité au cœur et en bas du hameau, là où la concentration humaine de notre petit hameau est la plus importante, nous n’avons nul bruit de la route et c’est  très calme le week end quand la carrière n’est pas en activité. Par beau temps et vent d’est l’exploitation actuelle de la carrière pourtant actuellement située à l’extrémité nord à plus d’1km et protégée par la hauteur des fronts de taille de plus de 30m est omniprésente. Nous mettons sérieusement en doute les mesures théoriques futures avancées par l’exploitant dans son rapport et nous concernant.

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La commune prendra t’elle le risque de mettre nos 7 enfants en danger avec des bruits perturbant leur sommeil, des tirs de mine effrayants, des poussières dangereuses?

Si la santé de nos enfants ne les émeut pas, celle des chiroptères est en général un point qui retient l’attention des pouvoirs publics jusqu’aux instances européennes.

Or le site est au cœur d’une réserve écologique d’intérêt majeur.

Nous avons bien pris connaissance de l’intérêt public d’un tel projet, du moins au terme d’emploi et de production de granulats, en termes de retombées financières pour la commune, du moins tant que l’exploitation durera, l’exemple passé montrant que cela s’arrêtera plus tôt que prévu.

Cependant, il s’avère que la protection des milieux et des paysages est elle aussi reconnue d’intérêt public.

Le rapport faune flore indique que le milieu est actuellement peu intéressant pour les quelques espèces protégées qui fréquentent le site. D’une part ce rapport est-il impartial ou commandé par l’exploitant lui-même? D’autre part, il est certain que la fréquentation est à dissocier de l’intérêt réel d’un milieu. Car il est évident que les galeries souterraines constituent un milieu très riche mais que les données relevées alors que le site est en cours d’exploitation ne peuvent être un marqueur suffisant.

La proximité de sites et paysages classés devrait être suffisant pour en limiter la croissance. La limite entre la zone natura 2000 et la parcelle pressentie pour l’exploitation n’est pas une limite naturelle logique, et apparaît clairement comme un arrangement administratif. Le sujet actuel n’est pas la remise en question de la limite de la zone natura 2000, mais de démontrer que la logique des corridors biologique se doit d’englober la pointe extrême de la parcelle.

Le DOCOB du site natura 2000 est curieusement peu mis en avant par les carriers pour justifier d’un milieu écologique pauvre. Ces cartographies montrent pourtant la présence d’espèces prioritaires en toute lisière du site (sachant que leur mission ne portait que sur le seule zone de natura 2000 et qu’ils auraient pu en relever de semblables sur le site même) . Nul doute qu’elle seront repoussées plus loin ou changeront de secteur avec des nuisances accrues. La fiche consacrée aux grottes, dont celle du Cruzeau indique clairement que la tranquillité est la seule garantie de conserver la qualité écologique de ces sites (documents joint page suivante)

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L’aspect patrimonial de l’architecture du site est reconnu.

Architecturalement parlant, l’ensemble bâti chez Delaisse constitue une pièce de notre patrimoine, en témoigne l’excellent ouvrage collectif de Jean-Paul Gaillard, Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente, qui consacre tout un paragraphe à cette ferme, maintenue dans un état de délabrement avancé par la commune qui en est propriétaire depuis le XIXe siècle.

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Certes, les bâtiments industriels des anciennes champignonnières n’ont pas d’intérêt et pourraient être détruits, mais la ferme dans l’écrin de sa vallée, les entrées des carrières souterraines constituent un patrimoine très intéressant et qui ne devrait pas être sacrifié au profit seul d’une entreprise qui aura fini d’exploiter le site dans très peu de temps (comme en témoigne l’inspecteur) et aura définitivement modifié et défiguré un paysage atypique et remarquable.

Cet ensemble situé dans un écrin remarquable pourrait être investi par la commune ou la Communauté de commune comme ferme pédagogique et de loisirs pour les enfants, à 2 pas des bois et des grottes.

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La ferme de Delaisse dans son contexte paysager remarquable: une vue qui porte au loin vers les collines de Montmoreau (entité paysagère 505 de l’atlas des paysages de Poitou-Charente)

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Entrée de carrière souterraine: à noter les belles découpes des fronts de taille; Un patrimoine des XVIIIe et XIXe siècles à ne pas négliger

 

Détails architecturaux de la bâtisse: un arc en anse de panier, des œil-de-bœuf, des portes et fenêtres cintrées du XVIIIe siècle typique du bâti local

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Outre la ferme de Chez Delaisse, c’est surtout la petite vallée encaissée qui recèle un patrimoine culturel paysager riche. On ne reviendra pas sur l’intérêt écologique des lieux, mais sur les qualités de paysage et d’ambiance que procure le parcours de cette vallée préservée.

De nombreux monuments naturels la ponctuent. (voir album photos le vallon de Haute-Roche, site de la »Font qui pisse »)

Dans la partie est, un paysage de causses remarquable qui est souligné dans le rapport de présentation du PLU en cours, qui met en évidence la coulée verte allant jusqu’à Haute Roche et au Cruzeau. Ce paysage est visible surtout depuis la route d’Eraville (D84), car les falaises rocheuses sont hautes et le sentier passe juste en contrebas.

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La partie la plus intimiste et la plus riche pour le promeneur est sans nul doute la falaise érodée située en face de Haute-Roche. Ce décor a largement été mis en avant l’été dernier lors des Nuits Blanches et nombreux sont les promeneurs qui y reviennent de jour pour faire partager la connaissance de ce lieu magique avec leurs amis.

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Ce lieu immortalisé dès les débuts de la photographie est à 100m de la future extraction! Car les monuments naturels ne bénéficient hélas pas de la protection des 500m des monuments bâtis!!!

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Il est évident à la lecture de ce rapport objectif mais accablant qu’il est nécessaire que les pouvoirs publiques prennent les dispositions nécessaires pour s’assurer eux-mêmes de l’impact paysager et sécuritaire du site. Donner à l’exploitant la possibilité d’extraire sur toute la surface présente le risque d’une exploitation maximum de la ressource sans respect des engagements pris. Il semble indispensable que le POS fixe des limites raisonnables et comprenant une zone à réaménager en dehors de la zone d’exploitation demandée pour l’intégration paysagère AU CAS Où l’exploitant ne tienne pas ses engagements. Or la demande actuelle porte sur l’ensemble des parcelles allant jusqu’aux route, ce qui présente à terme des risques importants d’affaissement que la collectivité aurait seule à gérer.

Au vu de ces éléments, nous demandons qu’une zone tampon importante soit conservée et même classée en EBC afin de reconstituer les boisements que la DIREN et l’inspection des installations classées recommandent. Cette bande permettrait en outre de reconstituer un corridor biologique aujourd’hui faible entre le massif boisé des Chaumes-Boissières et coulée verte de Haute-Roche.

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Car ce n’est pas la plantation d’un petit merlon sur bâche plastique redoublé d’un grillage vert qui va permettre d’intégrer la carrière depuis la route, comme ce qui est déjà proposé par les exploitants entre les bâtiments industriels et la route.

Un projet ambitieux et sa garantie financière est la seule issue valable eu égard aux zones déjà exploitées et jamais réaménagées. C’est l’exploitation elle-même qui se doit de constituer l’ossature du réaménagement futur et non pas des mesures cache-misère économiques pour l’exploitant .

 

Extrait du site internet de Garandeau:

Un fossé entre les actions passées et les intentions affichées…

Par ailleurs, il est bien indiqué une concertation avec les propriétaires et élus, mais quid des riverains?

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Ce que nous promet l’exploitation et l’après-carrière:

(d’après le comportement passé des exploitants et les structures visibles sur place)

Des fronts de taille trop hauts et sans banquette végétalisée

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La transformation d’un site fragile et riche en zone industrielle :

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· Impact sur les sols et le climat: généralisation des surfaces imperméabilisées,

· Des nuisances qui vont perdurer avec la production industrielle d’éléments préfa beton: poussieres de ciment, encore plus de passage de camions sur les routes…

Sans forcément beaucoup de retombées financières pour la commune, puisqu’abandon de la TP en 2010…

CARTES D’ANALYSES:(cliquez pour agrandir)

-ETAT DES LIEUX

un lieu riche et identitaire
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-TOPOGRAPHIE/MORPHOLOGIE

une logique topographique de la vallée de Haute-Roche

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-PROJET DU CARRIER

une proposition honteuse, sans aucun respect de l’environnement, des habitants et du paysage

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-PROPOSITION DE LA MAIRIE

une solution misérable allant dans le sens du carrier

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-PROPOSITION DU COMMISSAIRE ENQUÊTEUR

une solution trop limitée au vu de l’ampleur des désastres engendrés par  l’exploitation

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-PROPOSITION DU COLLECTIF

Une solution raisonnable qui limite les ambitions de l’exploitation et crée une véritable logique environnementale

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En tant que paysagistes DPLG, nous sommes amenés à produire des projets pour les études d’impact de carrières, gravières, implantations d’éoliennes et de fermes photovoltaïques.

Les justifications apportées à ce dossier et les propositions de projet que nous faisons ne sont pas des élucubrations de riverains furieux, mais de professionnels.

Nous ne nous opposons pas à la réalité de la nécessité de la carrière, mais la forme projetée de son extraction telle que présentée par l’exploitant nous parait aberrante. C’est pourquoi nous proposons ce plan de projection qui nous parait réaliste et consensuel.

 

Monsieur le commissaire enquêteur, nous avons cherché à vous démontrer:

1. que la modification du POS n’a pas été accompagnée d’une concertation suffisante et tend à passer en force

2. Que la position de la commune sert des intérêts contraires et non conciliables: satisfaire d’un côté la demande des exploitants et permettre l’installation de familles dans un rayon très proche sans les avoir alerté de ce risque à leur installation.

3. Que les exploitants n’ont montré jusqu’à présent aucune capacité à tenir leurs engagements en termes de prise en compte des paysages et lors de l’exploitation pour permettre une valorisation satisfaisante du site

4. Que l’extraction va laisser des traces indélébiles dans le paysage et que de petites « mesurettes » compensatoires ne suffiront pas à recréer un paysage de qualité

5. Que la ferme chez Delaisse, vouée à la destruction, est un ensemble important tant par les vestiges qu’elle comporte que par sa place dans un système paysager

6. Que la carrière jouxte des sites écologiques majeurs et reconnus et que son extension va couper des corridors écologiques majeurs

7. Que le site comporte lui-même des habitats majeurs pour la sauvegarde d’espères protégées à l’échelon européen (carrières souterraines)

 

Nous vous demandons de prendre en considération nos remarques, partagées avec tous les riverains, amoureux du site et promeneurs qui ont bien voulu apposer leur signature en soutien à notre demande, de ne pas permettre l’ouverture d’une telle surface à l’exploitation irréversible du site, d’inclure ce débat dans le cadre du PLU dans un réel souci de concertation et de laisser prendre le temps aux exploitants de la mesure des efforts à fournir pour présenter un projet compatible avec tous les enjeux pré-cités.

Nous souhaitons associer tous les services de l’Etat concernés et leur envoyons le présent dossier afin de compléter le dossier fourni par les exploitants et qui nous semble trop taisant sur des points pourtant importants.